Fact-checking n°4 : les puffs doivent être interdites car elles sont un danger pour les jeunes

L'Actu de la vape 69

Fact-checking n°4 : les puffs doivent être interdites car elles sont un danger pour les jeunes

Alliance contre le Tabac vient de demander l’interdiction des puffs. Mais sont-elles une réelle menace pour la santé des jeunes, ou plutôt une alliée pour lutter contre le tabagisme chez les jeunes ?

Bonjour mes petits pandas, prenez place, nous allons bientôt commencer ! Dans le « Fact-Checking » d’aujourd’hui (traduisez « vérification des faits »), nous allons nous pencher sur une nouvelle que vous n’avez pas pu manquer tant elle a été relayée dans les médias. Et pas n’importe lesquels, puisqu’elle a originellement été annoncée dans Le Parisien et l’émission Télématin !

En ce début de Mois Sans Tabac, le président d’Alliance contre le Tabac a en effet fait grand bruit pour réclamer l’interdiction des puffs. Mais pourquoi donc un collectif censé lutter contre le tabagisme demande-t-il l'interdiction d'un outil de réduction des risques liés au tabac ?

C’est justement ce "pourquoi" que moi, Api le panda vapoteur, je vais essayer de vous aider à comprendre. Et, bien plus important encore, je vais essayer de démêler les mensonges, semi-vérités et manipulation qui entourent cette demande !

Les puffs, qu’est-ce que c’est ?

Les « puffs », c’est un nom qui ne doit pas vous être inconnu si vous avez regardé la télévision, ouvert un journal ou un réseau social dans les six derniers mois. Pourtant, êtes-vous sûr de savoir précisément ce que c’est ?

Apparues sur le marché européen en 2020, les puffs sont des cigarettes électroniques à batterie intégrée non rechargeables et à système fermé (on ne peut pas remplir le réservoir). Leur nom, « puff », signifie « bouffées » en anglais, car elles sont conçues pour durer un certain nombre de bouffées (en général 500 ou 600).

Le président d'Alliance contre le Tabac est intervenu dans Télématin pour demander l'interdiction des puffs

Les puffs sont des cigarettes électroniques jetables

Depuis leur apparition, elles n'ont cessé de croitre en popularité : très pratiques car très petites, elles contiennent des e-liquides aux goûts particulièrement bien travaillés et sont très faciles d’utilisation car jetables. 

Si c’est pratique, simple et bon, où est le problème ? me direz-vous. Hé bien le problème, c’est qu’elles plaisent beaucoup aux jeunes —du moins si l’on en croit les propos tenus au Parisien par M. Loïc Josseran, président de l’Alliance contre le Tabac.

Beaucoup de blabla et peu de science

Comment ce monsieur au prestigieux pédigrée de professeur en santé publique le sait-il ? Parce que c’est évident, voyons ! Comme il l’argumente si bien auprès du Parisien, « Il n’y a qu’à voir à la sortie des écoles.». Argument qui, vous le reconnaitrez, est d’une valeur scientifique indéniable et donc parfaitement imparable. 

Comme c’est le cas de la plupart des antivapes, Loïc Josseran peine à présenter des preuves scientifiques et se contente de jouer de son charisme de médecin pour essayer de convaincre son audience de le croire sur parole. Comme il le dit si bien, « Je suis scientifique, il y a de la science derrière »! 

Pourtant, si cela doit prouver quelque chose, c’est qu’être scientifique ne donne pas pour autant la science infuse, comme le prouve « l’étude » qu’il finit par citer sous l’insistance de la présentatrice de Télématin.

Réalisé par l’institut indépendant BVA à la demande d’Alliance contre le Tabac, ce sondage révèle que 13% des 13-16 ans ont déjà testé la puff (et non pas qu’ils vapotent quotidiennement comme dit dans l’interview pour Télématin), et que 28% d’entre eux ont par la suite essayé un produit du tabac (et non pas qu’ils sont devenus fumeurs réguliers).

Le président d'Alliance contre le Tabac est intervenu dans Télématin pour demander l'interdiction des puffs

Le président d'Alliance contre le Tabac est intervenu dans Télématin pour demander l'interdiction des puffs

Même si cela est loin d’être reluisant, je vous le concède, c’est bien insuffisant pour en déduire que « une majorité d’entre eux va derrière passer à la cigarette ». Rappelons-le, car ce cher scientifique semble l’avoir oublié, un sondage n’est qu’un sondage : il est fait pour faire un état des lieux à un moment donné, et éventuellement aiguiller les recherches en mettant en avant des tendances, mais il ne peut pas démontrer de cause à effet (pour comprendre pourquoi, je vous invite à aller lire le Fact-Checking N°1).

Vous voulez la preuve ? Dans ce même sondage, on peut en effet lire que 45% des 13-16 ans ont commencé leur initiation avec des cigarettes blondes. Devrait-on pour autant en déduire que le tabac convertit les jeunes à la puff ?

Et c’est sans compter que ce même sondage ne semble même pas au courant que la cigarette électronique ne produit pas de fumée, puisqu’il est écrit noir sur blanc que les puffs produisent de la « fumée », et que ce sont des produits du tabac !

La puff va créer une « épidémie pédiatrique »

Dans la lignée des arguments absolument pas soutenus par la science, le collectif avance un ensemble de « raisons apparentes » (formulation utilisée dans l’étude, qui indique donc que c’est bien une hypothèse et non une certitude) au succès des puffs chez les jeunes. Et c’est là qu’on entre dans le cœur du problème.

La première cause évoquée est « Le prix » entre 8€ et 12€. Un argument assez étonnant, dans la mesure où un paquet de cigarettes coûte en moyenne le même prix.

Le deuxième, c’est « la facilité à s’en procurer chez les buralistes ». Pourtant, lorsque le sondage BVA aborde la question de la facilité d’accès, 33% des ados interrogés indiquent avoir accès facilement aux cigarettes, contre 26% pour les puffs. Selon le sondage même, il est donc plus facile d’avoir accès à des cigarettes qu’à des puffs !

La troisième et la quatrième hypothèses sont directement liées à l’attractivité sensorielle des produits, avec les « packagings colorés » et les « saveurs sucrées et très variées ». Pour une fois, je dois bien reconnaitre qu’ils n’ont pas tort. Les puffs sont marketées pour attirer l’œil et ont des goûts particulièrement réussis. Pourtant, on ne peut pas dire que ce soit spécifique aux ados : c’est aussi ce qui incite les adultes à passer à la vape pour arrêter de fumer ! 

Les suppositions erronées d'Alliances contre le tabac

Les suppositions erronées d'Alliances contre le tabac

Attention, n’allez pas croire que j’essaye de minimiser le problème du vapotage chez les jeunes : oui, l’idéal serait qu’ils ne vapotent ni ne fument. Ce que j’essaye de dire, c’est qu’Alliance contre le Tabac, comme beaucoup d’antivapes, perd de vue le véritable problème de l’addiction à la nicotine : le tabac.

Ainsi, pour Loïc Josseran la vape est en train de créer une « épidémie pédiatrique ». Pourtant, dans tous les pays où elle s’est popularisée auprès des jeunes, on a pu constater une forte baisse du tabagisme, et inversement une forte augmentation du tabagisme dans ceux qui ont interdit les arômes. Pour les jeunes, la vape est donc un moindre mal qui permet justement d’éviter de créer une nouvelle génération de fumeurs.

Car, contrairement aux conclusions hâtives et erronées qu’Alliance contre le Tabac tire de son sondage, vapoter ne mène pas à fumer, c’est même tout le contraire ! Pour ne citer qu’une étude parmi tant d’autres, un sondage de l’INSERM a démontré en 2020 que la vape réduisait de 42% les risques de devenir fumeur quotidien à 18 ans par rapport aux personnes qui expérimentaient directement le tabac.

Que faire pour empêcher mon ado de vapoter ?

C’est très bien tout ça mais, même si la vape est nettement moins dangereuse que le tabac, vous n’avez certainement pas envie que votre ado tombe dans l’addiction à la nicotine !

Malheureusement, c’est un âge où les enfants deviennent de plus en plus réfractaires à l’autorité et où il est plus compliqué de les surveiller. Le frisson de braver les interdits peut même les pousser à faire tout le contraire de ce que vous leur dites !

Même si vous avez l’impression d’avoir de moins en moins d’influence sur votre enfant, rassurez-vous, il y a tout de même des choses que vous pouvez faire pour prévenir ce genre de comportements.

Tout d’abord, vous pouvez lui faire prendre conscience de l’impact qu’a la nicotine sur lui. En plus du fait qu’elle est addictive et qu’il est d’autant plus difficile de se sevrer lorsqu’on a commencé tôt, il faut également leur rappeler qu’elle perturbe le bon développement de leur cerveau.

De façon générale, soutenir votre enfant et communiquer avec lui est très important, comme l’a démontré une étude américaine parue en 2021

Enfin, le plus grand service que vous puissiez rendre à vos ados, c’est d’arrêter de fumer. En effet, de nombreuses études ont démontré qu’avoir au moins un parent fumeur augmentait très fortement les risques que les enfants deviennent à leur tour fumeurs !

Avoir des parents fumeurs doubles les chances que leurs enfants deviennent fumeurs !

Avoir des parents fumeurs doubles les chances que leurs enfants deviennent fumeurs !

La dernière étude sur le sujet est parue en septembre 2022 et a démontré que les adolescents dont les parents sont fumeurs ont 55% plus de chances d’expérimenter la vape, et 51% de chances en plus d’expérimenter le tabac.

Et, devinez quoi ? C’est aussi ce qu’indique le sondage BVA, puisque l’on peut y lire en toutes lettres que « Les adolescents ayant au moins un parent fumeur ont globalement une perception plus positive de la puff » !

Enfin, rappelez-vous que votre inquiétude est normale, mais que ce n’est pas parce que votre ado a essayé une fois la puff qu’il va devenir accro à la nicotine.

En résumé

Contrairement à ce qu’Alliance contre le Tabac clame dans les médias, la puff n’est pas en train de créer une « épidémie pédiatrique ». 

Que ce soit à travers le tabac ou la puff, il est indéniable qu’il est important de tenir les adolescents aussi éloignés que possible de la nicotine. Mais, comme pour les adultes, le plus important est de les tenir éloignés du tabac qui reste à ce jour le premier facteur de décès évitable en France !

Et il pourrait bien s’avérer qu’en ce sens les puffs soient un moindre mal car, bien qu’elles puissent rendre les ados accros à la nicotine, elles sont bien moins dangereuses que les cigarettes et n’ont pas d’effet passerelle vers le tabac.

Alors, pour ne pas vous tromper d’ennemi, ne croyez pas sur parole tout ce que les médias vous racontent et continuez de « fact-checkez » vos informations avec votre panda vapoteur favori ! 

C. Camille : Défiant tous les pronostics, cette fan inconditionnelle de pandas qui a toujours eu la tête dans les nuages a fini par trouver sa voie en devenant rédactrice pour A&L.
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