La cigarette électronique quatre fois plus efficace que les substituts nicotiniques
Santé 16/07/2021 , mis à jour le 24/06/2026 à 09:50 254
Une étude menée sur 135 fumeurs ayant échoué à arrêter de fumer à plusieurs reprises conclut que la cigarette électronique est jusqu'à quatre fois plus efficace que les traitements classiques pour parvenir à un arrêt durable du tabac.
Ces résultats pourraient modifier la prise en charge du sevrage tabagique et offrir une nouvelle solution aux personnes souffrant d'une forte dépendance à la nicotine.
Une alternative prometteuse face à la dépendance au tabac
« Une majorité de fumeurs qui ont accès aux meilleurs traitements continuent à fumer ». C'est le triste constat fait par les chercheurs britanniques de la Queen Mary University of London.
Face à cette réalité, les scientifiques se sont intéressés à un outil qui, bien qu'il ne soit pas encore officiellement reconnu partout comme un traitement de sevrage tabagique, rencontre un succès croissant parmi les fumeurs qui tentent de dire définitivement adieu au tabagisme : la cigarette électronique.
Contrairement aux substituts nicotiniques traditionnels, la cigarette électronique permet non seulement d'apporter de la nicotine à l'organisme, mais aussi de reproduire certains gestes et habitudes liés à la consommation de cigarettes. Cette dimension comportementale pourrait jouer un rôle important dans la réussite du sevrage.
Quatre fois plus de fumeurs sont parvenus à un arrêt total avec la e-cigarette
Pour mener leur étude, ils ont réuni 135 volontaires qui avaient essayé d’arrêter de fumer à plusieurs reprises sans y parvenir avec des substituts nicotiniques et d’autres traitements classiques de sevrage tabagique.
Pendant 6 mois, les participants ont reçu soit un substitut nicotinique de leur choix (patch, spray ou gomme nicotinée), soit un kit de cigarette électronique. Le dosage de nicotine était adapté à leurs besoins. L’objectif était simple : comparer l’efficacité de ces différentes solutions pour réduire la dépendance au tabac et aider les fumeurs à tourner la page de la cigarette.
Les résultats de cette étude sont plus qu’encourageants : alors que seulement 6 % des participants utilisant les substituts traditionnels ont réussi à réduire leur consommation de tabac de moitié, ce chiffre s’élève à 27 % chez les vapoteurs.
Pour ce qui est de l’arrêt total, seuls 3 % des fumeurs récidivistes sont parvenus à arrêter avec les traitements classiques. Avec la cigarette électronique, ce taux atteint 19 %. Un écart important qui laisse penser que la vape pourrait aider les personnes qui peinent à se libérer de leur dépendance à la nicotine.
Bien que cette différence marquée soit plus qu’enthousiasmante, elle n’a rien de surprenant : dans un pays comme le Royaume-Uni où la loi est certainement la plus favorable du monde à la cigarette électronique, le pourcentage de fumeurs dans la population n’est que de 14% (2019). Un taux que la France envie à son voisin britannique, puisque la même année nous comptions plus de 30% de fumeurs dans l’hexagone.
La cigarette électronique ne fait pas de miracles à elle seule. Mais entre la gestion du dosage de nicotine, la gestuelle proche de la cigarette classique et la possibilité de réduire progressivement sa consommation, elle peut être pour les fumeurs une alternative crédible aux substituts nicotiniques traditionnels.
La cigarette électronique, la meilleure solution pour arrêter de fumer pour de bon ?
Si cette étude est si enthousiasmante, c’est parce qu’elle pourrait contribuer au moins partiellement à résoudre un problème qui fait s’arracher les cheveux aux tabacologues : l’arrêt du tabac à long terme.
Arrêter le tabac est une chose. Ne pas reprendre la cigarette en est une autre. En effet, une grande partie des fumeurs parvient à arrêter pendant quelques semaines ou quelques mois, mais près de 80 % rechutent dans l'année qui suit. La dépendance à la nicotine reste l'un des principaux obstacles à un arrêt définitif.
Selon les chercheurs, la cigarette électronique pourrait être proposée dès la première tentative de sevrage ou après un échec avec les substituts nicotiniques classiques comme le patch, les gommes, les pastilles à sucer ou les sprays à la nicotine. Ces différentes formes de traitement restent aujourd'hui largement utilisées pour accompagner les fumeurs dans leur démarche d'arrêt du tabac.
L'une des explications avancées par les scientifiques est que la cigarette électronique ne répond pas seulement au besoin de nicotine. Elle reproduit également certains gestes et habitudes associés au tabac. Pour beaucoup de fumeurs, cet aspect comportemental joue un rôle important dans la réussite du sevrage tabagique.
Autre avantage souvent mis en avant : la possibilité d'ajuster progressivement le dosage de nicotine. Cette approche permet à certains utilisateurs de réduire leur dépendance à leur rythme, sans ressentir une rupture trop brutale. Un fonctionnement qui rappelle celui de certains substituts nicotiniques, disponibles sous plusieurs formes et doses afin de s'adapter aux besoins de chacun.
De nouvelles restrictions sur les produits à base de nicotine
Alors que la cigarette électronique continue d'être étudiée comme outil de sevrage tabagique, les pouvoirs publics renforcent l'encadrement des produits contenant de la nicotine.
À partir du 1er avril 2026, les sachets de nicotine “pouches”, les billes et plusieurs autres produits nicotinés à usage oral seront interdits en France. Cette mesure vise notamment à limiter les risques de dépendance, en particulier chez les jeunes. En revanche, les substituts nicotiniques utilisés pour arrêter de fumer, comme les patchs, les gommes à mâcher ou les inhalateurs, ne sont pas concernés par cette interdiction.
Cette distinction montre que les autorités de santé continuent de faire la différence entre les produits destinés au sevrage tabagique et ceux dont l'usage récréatif peut favoriser l'apparition d'une dépendance à la nicotine.
Conclusion
Cette étude ne permet pas à elle seule de conclure définitivement que la cigarette électronique est la meilleure méthode pour arrêter le tabac. D'autres travaux devront être réalisés sur un plus grand nombre de participants et sur une période plus longue afin de confirmer ces résultats.
Malgré tout, ces données sont encourageantes. Elles montrent que la cigarette électronique est une alternative intéressante aux substituts nicotiniques traditionnels pour certains fumeurs. De quoi inciter d'autres chercheurs et acteurs de la santé à continuer les études sur son rôle dans le sevrage tabagique.
Beaucoup de fumeurs continuent de se tourner vers les substituts nicotiniques, comme le patch, les gommes à mâcher, les pastilles à sucer ou le spray. Ces solutions sont utilisées pour aider à gérer le manque de nicotine au quotidien. Des marques comme Nicorette, Nicotinell, Niquitin, Nicopass ou Nicopatchlib proposent d'ailleurs plusieurs types de traitements adaptés à différents profils. Dans certains cas, un médecin ou un professionnel de santé peut aussi conseiller des médicaments ou combiner plusieurs solutions pour augmenter les chances de réussite. Tout dépend du niveau de dépendance du fumeur et des doses de nicotine dont il a besoin pour traverser cette période plus sereinement.
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