Australie : prescription médicale obligatoire pour les vapoteurs

L'Actu de la vape 302

Australie : prescription médicale obligatoire pour les vapoteurs

La loi se durcit encore un peu plus pour les vapoteurs en Australie. Alors, depuis début octobre 2021, ils doivent disposer d'une ordonnance de leur médecin pour se procurer de la nicotine pour leurs e-liquides.

Il ne fait pas bon vouloir arrêter de fumer en Australie ! Depuis le 1er octobre, une nouvelle loi restreignant encore plus le vapotage vient de rentrer en vigueur. Dans ce pays à la législation qui était déjà très restrictive envers le vapotage, se procurer des e-liquides nicotinés devient un vrai parcours du combattant qui inclut, entre autres, d’obtenir une prescription médicale (si l’on y parvient du moins).

Une mesure justifiée par des arguments douteux, mais que l’on entend bien trop souvent. 

Une nouvelle loi pour « protéger la jeunesse »

Si cette nouvelle loi n’a pas fait beaucoup d’heureux parmi les vapoteurs, elle n’a pourtant surpris personne. Jusqu’alors, les Australiens ne pouvaient déjà pas acheter de e-liquides nicotinés dans leur pays sans ordonnance médicale, mais ils pouvaient les importer librement.

Depuis le 1er octobre 2021, cela n’est même plus possible. À présent, toute personne souhaitant vapoter avec de la nicotine devra obtenir une ordonnance de son médecin, que ce soit pour acheter ses liquides en pharmacie ou à l'étranger.

Le but de cette loi est de protéger les jeunes du vapotage. En effet, malgré la difficulté que présentait la législation déjà en place et une interdiction formelle aux mineurs de vapoter, le nombre de jeunes faisant couramment usage de la vapote est en constante augmentation au pays des kangourous.

La nicotine pour e-liquides circule en effet largement au marché noir dans les vapes shops et les bureaux de tabac et même des sex shops qui la vendent sous le comptoir.

Obtenir une ordonnance pour acheter de la nicotine, ou la nouvelle mission impossible

Cette restriction pourrait être une bonne nouvelle si elle se contentait d’empêcher les non-fumeurs et les adolescents de se mettre à la vape, pourtant elle va surtout priver quelque 500 000 vapoteurs australiens d’un moyen efficace d’arrêter de fumer.

En effet, obtenir une prescription pour acheter de la nicotine en pharmacie se révèle déjà être un vrai parcours du combattant. Le Royal Australian College of General Practitioners, qui va définir les cas où un médecin peut prescrire la e-cig, va recommander qu’elle soit utilisée en dernier recourt « du fait des preuves limitées montrant qu’elle permet d’arrêter de fumer ».

Cela n’a d’ailleurs rien d’étonnant, car les autorités australiennes sont extrêmement sceptiques quant à ses bénéfices dans l’arrêt du tabac. Le Department of Health précise que les cigarettes électroniques sont « parfois marketées comme un moyen d’arrêter de fumer, mais il n’y a pas assez de preuves qui montrent qu’elles sont une aide — ou qu’elles sont sûres ».

Parmi les nombreux obstacles à ce genre de prescriptions, les généralistes doivent aussi obtenir une autorisation de prescription. Et, même pour les médecins autorisés à délivrer ce genre d’ordonnances, ils sont globalement très mal informés sur la cigarette électronique, de nombreuses personnes ont déjà commencé à faire part sur les réseaux sociaux de leurs difficultés à obtenir une ordonnance.

Et ce, même pour une célébrité telle que Jackie O, une célèbre animatrice australienne, qui raconte dans une émission radiophonique avoir tenté d’obtenir une prescription auprès de trois docteurs qui la lui ont refusée, car ils ne connaissaient pas bien le sujet.

Comme dans tous les pays qui mettent en place des interdictions aussi drastiques, l’Australie s’expose ainsi à une recrudescence de la contrebande (avec tous les dangers sanitaires que cela implique pour les acheteurs). Et c’est sans compter les vapoteurs qui, faute de pouvoir se procurer facilement des e-liquides nicotinés, préféreront se remettre à fumer du tabac qui, lui, est toujours en vente libre !

Prescription médicale obligatoire en Australie pour les vapoteurs

Obtenir une ordonnance pour vapoter, la nouvelle mesure australienne

Une mesure qui repose sur des arguments fallacieux

Alors que leurs voisines néo-zélandaises viennent de reconnaitre la vape comme outil de lutte contre le tabac, les autorités australiennes continuent à appliquer la politique de l’autruche.

Il suffit pour s'en rendre compte de lire cet article de The Guardian. Pour justifier cette mesure, le Pr Emily Banks, la spécialiste en santé publique a la tête des recherches qui ont permis d’élaborer cette loi, cite en effet des cas qui ont récemment choqué l’Australie. Ces trois cas sont ceux d’un adolescent souffrant de convulsions après avoir vapoté trop de nicotine, et de deux bébés empoisonnés après avoir bu des e-liquides nicotinés.

Aussi tragiques que soient ces histoires, il est difficile de voir en quoi cette nouvelle réglementation permettra d’éviter qu’elles se reproduisent. Il n’est en rien nouveau que la nicotine perturbe le développement cérébral des adolescents et des enfants, surtout à hautes doses, raison pour laquelle ils ne sont pas censés pouvoir s’en procurer.

Par ailleurs, si la nicotine n’est pas toxique aux doses que l’on peut en ingérer en vapotant ou en fumant, elle finit par devenir un poison lorsqu’on l’ingère. Cela n’a rien d’un secret, et c’est la raison pour laquelle l’Europe impose aux fabricants de placer sur les flacons des pictogrammes déconseillant son ingestion et de les munir de sécurités enfants !

Faisons un petit parallèle avec un autre danger plus méconnu pour les enfants : le sucre. D’après le Pr Robert Lustig, endocrinologue pédiatrique à l’Université de Californie du Sud : « Le sucre […] est toxique au même titre que le tabac. »

Va-t-on pour autant interdire aux adultes de se procurer du sucre, ou encore des produits ménagers ou des chewing-gums nicotinés parce qu’ils présentent un danger pour les enfants s’ils sont ingérés à haute dose ?

Bien sûr que non. Le seul moyen d’empêcher ce genre d’accidents, c’est de tenir les produits dangereux hors de portée des plus jeunes, et d’éduquer les adolescents aux dangers que la nicotine représente pour eux. Rappelons également que dans tous les pays qui ont vu une recrudescence du vapotage chez les jeunes, on a parallèlement constaté une forte diminution du nombre de fumeurs dans cette même tranche d’âge !

Mais cet argument ne tient pas en Australie, qui nie toutes les avancées que la vape a permises au niveau de la lutte antitabac. La Pr Emily Banks déclare ainsi que « les fumeurs n’utilisent pas la cigarette électronique pour arrêter de fumer », ou encore qu’il « n’y a vraiment pas de preuve scientifique irréfutable de leur efficacité et de leur sureté ».

Il semblerait donc que contrairement à sa rassurante affirmation que « ces lois sont le résultat d’un examen exhaustif des preuves à l’échelle mondiale », certaines aient malgré tout été exclues de l’étude.

De notre côté la planète, l’Institut Pasteur, l’Institut National du Cancer, ou l’organisme Public Health England, trois institutions très respectées dans le monde de la recherche médicale, ne cessent pourtant de publier des recherches qui prouvent aussi bien son efficacité dans l’arrêt du tabac que dans la diminution des risques pour les fumeurs.

Conclusion

Comme nombre de détracteurs de la cigarette électronique se plaisent à le répéter à tout bout de champ, la vape n’est pas sans danger (encore que, comme ils aiment tout autant le dire, cela reste à prouver).

Pas sans danger certes, mais tout de même 95% moins nocive que la cigarette. Un outil qui réduit considérablement les risques liés au tabac donc, dont est malheureusement privée un demi-million d’Australiens depuis début octobre.

C. Camille : Défiant tous les pronostics, cette fan inconditionnelle de pandas qui a toujours eu la tête dans les nuages a fini par trouver sa voie en devenant rédactrice pour A&L.
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