Pourquoi les puffs sont-elles interdites en France ?
L'Actu de la vape 28/10/2026 , mis à jour le 28/10/2026 à 09:34 7
Pendant plusieurs années, les puffs jetables ont connu un vrai succès. Leur fonctionnement est très simple : pas de réglage à faire, pas de liquide à remplir et pas besoin de recharger l’appareil !
L’utilisation des puffs a soulevé plusieurs questions, notamment chez les jeunes et sur le plan environnemental.
La France a décidé d’interdire les puffs jetables. Mais concrètement que signifie cette interdiction ? Depuis quand s’applique-t-elle ? Les modèles avec batterie rechargeable sont-ils concernés ? Que risquent les vendeurs qui continuent à en proposer ? Et quelles alternatives existe-t-il pour les personnes qui recherchent un appareil compact et facile à utiliser ? On fait le point complet de la réglementation française dans ce guide !
Depuis quand les puffs sont-elles interdites en France ?
La loi n° 2025-175 du 24 février 2025 interdit les cigarettes électroniques jetables, aussi appelées puffs. Elle a été publiée au Journal officiel le 25 février et l’interdiction est entrée en vigueur le 26 février 2025.
Concrètement, les professionnels ne peuvent plus vendre ces produits, ils ne peuvent pas non plus les proposer gratuitement ou les détenir dans le but de les vendre. La DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) effectue d’ailleurs des contrôles pour vérifier que l’interdiction est bien respectée.
En octobre 2026, la DGCCRF a annoncé que près de 10 000 cigarettes électroniques jetables avaient été retirées de la vente après des contrôles menés auprès de 491 professionnels.
Pourquoi cette interdiction ?
L’interdiction repose sur deux préoccupations : la santé publique et l’environnement.
Un enjeu de santé publique
Les puffs ont rapidement rencontré un grand succès auprès des adolescents avec leurs goûts fruités ou sucrés, leur petit format et leurs couleurs.
Certaines études évoquent également un possible effet passerelle vers le tabagisme classique, notamment chez les jeunes. Cependant, la vape reste généralement considérée comme une alternative au tabac moins nocive, tandis que les effets à très long terme de l’inhalation sont encore étudiés.
Un enjeu environnemental
Les puffs posent aussi un problème pour l’environnement. Comme elles sont jetables, elles sont utilisées pendant une courte période avant d’être mises à la poubelle. Elles contiennent du plastique, des composants électroniques et une batterie au lithium, ce qui les rend difficiles à recycler.
Une grande partie de ces déchets finit donc à la poubelle ou dans la nature. Le problème vient surtout du fait que les puffs sont jetables, contrairement aux cigarettes électroniques rechargeables qui peuvent être utilisées plus longtemps.
Que dit précisément la loi sur les puffs ?
C’est le point le plus important à retenir si vous cherchez à comprendre ce qu’est une puff interdite en France. Le critère juridique ne repose pas simplement sur le fait que la batterie soit rechargeable ou non.
L’article L. 3513-5-1 du Code de la santé publique interdit les dispositifs électroniques de vapotage qui sont :
- préremplis avec un liquide ;
- et qui ne peuvent pas être remplis à nouveau ;
- qu’ils disposent ou non d’une batterie rechargeable.
Autrement dit, une batterie USB ou une batterie que l’on peut recharger électriquement ne suffit pas à rendre un dispositif légal. Le critère déterminant est la possibilité de remplir à nouveau le réservoir avec du liquide. Le texte précise également que l’interdiction ne s’applique pas aux cartouches.
En pratique : jetable ou rechargeable ?
Une puff préremplie qui ne peut pas être remplie à nouveau est concernée par l’interdiction.
En revanche, une cigarette électronique que l’on peut remplir avec du e-liquide n’est pas concernée par cette interdiction. Elle doit bien sûr respecter les autres règles qui s’appliquent aux produits du vapotage.
Le simple fait d’avoir un port USB ne suffit donc pas à dire qu’un appareil est rechargeable. Ce qui compte, c’est surtout de pouvoir remplir à nouveau son réservoir.
Quelles sanctions pour les vendeurs ?
L’interdiction ne concerne pas seulement la vente. La loi prévoit aussi des sanctions pour les professionnels qui fabriquent, vendent, distribuent ou proposent gratuitement les dispositifs concernés.
L’article L. 3515-3 du Code de la santé publique prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 100 000€. En cas de récidive, cette amende peut atteindre 200 000€.
Les agents habilités, notamment ceux de la DGCCRF, peuvent contrôler les professionnels et constater les éventuelles infractions.
Attention toutefois à ne pas confondre cette interdiction avec la simple possession d’une puff par un particulier. Le texte vise notamment les personnes qui détiennent ces produits dans le but de les vendre, de les distribuer ou de les offrir. Il ne prévoit pas une amende de 100 000€ pour une personne qui conserverait simplement une ancienne puff pour son usage personnel.
Attention aux produits qui contournent la loi
Depuis l’interdiction, certains produits ressemblent beaucoup aux anciennes puffs, mais fonctionnent un peu différemment.
On trouve notamment des modèles présentés comme rechargeables, alors qu’ils utilisent des cartouches ou des réservoirs préremplis. Dans ce cas, le mot « rechargeable » ne suffit pas à rendre le produit conforme. C’est surtout la façon dont il fonctionne réellement qui compte.
De nouveaux produits contenant d’autres substances que la nicotine peuvent aussi apparaître sur le marché. Changer la composition du produit ne permet pas forcément de contourner la réglementation. Tout dépend de ce qu’il contient et des règles qui s’appliquent.
Pour le consommateur, le plus simple reste donc de se tourner vers une vraie cigarette électronique rechargeable, avec un réservoir que l’on peut remplir soi-même.
Quelle est l’alternative légale ?
Pour ceux qui utilisaient les puffs et qui veulent garder un format compact et simple à utiliser, la puff rechargeable est une alternative assez proche du format jetable. La différence est simple : au lieu de jeter l’appareil une fois le liquide terminé, on peut remplir à nouveau le réservoir avec du e-liquide. L’appareil peut donc être conservé et utilisé avec différents liquides. Autre avantage, on peut choisir son e-liquide, son taux de nicotine et ses arômes, au lieu de dépendre d’un liquide déjà présent dans la puff.
On trouve aujourd’hui plusieurs marques sur ce marché, comme JNR, Fumot ou Al Fakher, qui proposent des modèles rechargeables dans différents formats.
FAQ
Un particulier risque-t-il une amende en possédant une puff jetable ?
Non, pas simplement parce qu’il en possède une pour son usage personnel. L’article L. 3513-5-1 vise notamment la fabrication, la vente, la distribution ou encore la détention en vue de la vente ou de la distribution.
L’amende de 100 000€, qui peut monter à 200 000€ en cas de récidive, concerne donc les infractions liées à la commercialisation et non le simple fait de garder une ancienne puff chez soi.
Les puffs sans nicotine sont-elles aussi concernées ?
Oui. L’interdiction ne dépend pas de la présence ou non de nicotine. Elle concerne les dispositifs préremplis avec un liquide et qui ne peuvent pas être remplis à nouveau. Une puff en 0mg qui correspond à cette définition est donc elle aussi concernée.
Peut-on encore trouver des puffs jetables en France ?
Oui, il est encore possible d’en trouver sur certains sites ou dans certains commerces. Mais leur présence en rayon ne signifie pas pour autant que leur vente est autorisée.
Les contrôles continuent d’ailleurs. En octobre 2026, la DGCCRF a annoncé le retrait de près de 10 000 cigarettes électroniques jetables à la suite de contrôles.
Qui contrôle le respect de l’interdiction ?
Les professionnels peuvent être contrôlés par les agents habilités dans le cadre du Code de la consommation. La DGCCRF est notamment chargée de contrôler le respect de cette réglementation et peut demander le retrait des produits qui ne sont pas conformes.
Conclusion
L’interdiction des puffs marque surtout la fin du modèle du tout-jetable.
Depuis le 26 février 2025, les dispositifs de vapotage préremplis qui ne peuvent pas être remplis à nouveau ne peuvent plus être vendus, distribués ou offerts dans les conditions prévues par la loi. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, avoir une batterie rechargeable ne suffit pas à rendre une puff « rechargeable » au sens de la réglementation. Le point important reste la possibilité de remplir à nouveau le réservoir.
Pour les vapoteurs qui veulent garder un format compact et simple, les modèles rechargeables permettent de rester sur un fonctionnement proche de la puff, sans avoir à jeter l’appareil une fois le liquide terminé.
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